Ustad Hashimi – live in Registan of Samarcand 1983 (Melodiya label)

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Il faut le dire, jusqu’à ce jour nous n’avions pas parlé sur ce blog de l’influence de la musique indienne sur la musique afghane, principalement à Kaboul. C’était oublier que certains des plus grands maîtres du son et du chant Kabouli- le plus connu étant sans aucun doute Ustad Sarahang – avaient fait leurs classes en Inde.

En attendant un éventuel retour de Sinya à l’antenne un de ces jours, je vous propose ici d’écouter l’un de ces grands maîtres, Ustad Mohammad Hashimi, enregistré lors d’un concert donné au Registan (si si, le fameux palais de Sarmarcande, rien que le nom fait rêver!). Le disque fut édité deux ans plus tard sur le label soviétique МЕЛОДИЯ  (MELODIYA).

L’intérêt de ce disque, outre le fait qu’il soit devenu quasi introuvable, et de montrer en deux faces toutes les facettes de ce fameux son afghan teinté de couleurs indiennes: ragas, ghazal, etc… tout y passe et en plus, en live.

Vous trouverez ici la face A  et ici la face B.

Vous en souhaitant une bonne écoute,

Julien “Sinya”

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Rokhshanah – رخشانه – ep 45 tours

 

“La patience est amère mais elle trouve sa récompense” – Saadi

Voilà exactement le proverbe persan qui m’est venu à l’esprit quand j’ai mis la main sur la pépite que je vous présente ce soir, qu’un ami m’a envoyée directement de Téhéran.

Il s’agit comme vous pouvez vous en rendre compte d’un 45 tours de la chanteuse afghane Rokhshanah, icône des années 60 en afghanistan et dont plusieurs titres ont été édités sur 78 tours par la maison de disque russe Melodiya sur son fameux label Da Kabul radio grammophonik à la fin des années 50/début 60’s. (A ce sujet, nous ne saurions que trop vous conseiller d’écouter la mixtape de notre ami danois Mads regroupant quelques-uns de ces disques, dont un avec notre chère Rokshanah: https://soundcloud.com/dalight-3/the-lost-78s-45s-from-afghanistan)

Il y a plusieurs choses intéressantes concernant ce 45 tours:

En premier lieu, les deux titres sont à ma connaissance inédits. Cela fait un moment que je retourne les k7 de Rokhshanah ainsi que les vidéos qui traînent sur le web et je ne les avais jamais entendus, bien que Tchachme  siah (la face B) soit une chanson bien connue du répertoire afghan, rendue populaire notamment grâce à Ahmad Zahir.

Ensuite, ce 45 tours (comme la plupart des 45 tours de musique afghane) a été édité en Iran mais plusieurs adresses de détaillants sont précisés sur la pochette (recto et verso) mentionnant notamment des adresses à Kandahar ou encore Mazar e Charif, deux grandes villes afghanes. On en déduit donc que bien que fabriqué en Iran, ce disque était destiné à être distribué en Afghanistan, ce qui expliquerait notamment pourquoi il a fallu attendre si longtemps pour qu’une copie puisse faire surface.

Enfin, si deux titres figurent sur ce 45 tours, il y a bien cinq morceaux écrits au verso de la pochette. Est-ce à dire que cet ep comportait initialement 2 disques et que l’un serait encore dans la nature? Ce qui est sûr est que l’un des trois titres “manquants” – “tabassom” – figure sur un autre 45 tours “promotionnel” du label iranien Mercuri, dans une version incomplète. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler Inch Allah! La quête n’est pas finie.

Le titre en écoute ci-dessus correspond à la face A de ce magnifique 45 tours. un titre dont le rythme n’est pas sans rappeler celui que devait avoir une caravane sur la route de la soie il y a quelques siècles.

Bonne écoute,

Julien “Sinya”

Soudan – Mostafa Sid Ahmed – extrait de k7

Grande dédicace à Moussa, un Massalit du Darfour qui m’a offert cette k7 il y a une dizaine d’années.

Le temps a effacé les noms de l’artiste, des titres des morceaux et du label mais grâce à un auditeur j’ai pu apprendre que le chanteur était Mostafa Sid Ahmed. On reconnaît la tradition musicale citadine telle qu’on peut l’entendre à Khartoum chez un autre grand chanteur Soudanais, Abdelgadir Salim.

On s’écoute le second titre de la face A.

Bonne écoute!

Sinya

Messnawa – extrait de k7

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A la base, je ne suis pas trop branché mécanique mais allez savoir pourquoi, il y a une dizaine d’années il y avait un bidon d’huile entamé dans le coffre de ma voiture. J’avais dû m’en servir à un moment ou un autre et je me demande bien pour faire quoi, vu qu’un capot ouvert ne m’inspire rien du tout.

Toujours est-il qu’une fois j’avais un long trajet à faire et j’avais stocké pas mal de cassettes, pas très loin du bidon. Une fois arrivé à destination j’ouvris le coffre pour me rendre compte que le bidon avait fui et que de l’huile s’était imbibée dans une bonne quinzaine de cassettes, la plupart étant des enregistrements de Nass el Ghiwane, Jil Jilala, Essiham, etc … passe encore pour les fringues mais mes cassettes…

Les jaquettes étaient foutues mais je gardai malgré tout les cassettes et les mis à sécher (si on peut dire) sur le balcon. Quelques temps après, je fis des essais et figurez-vous qu’une bonne moitié des cassettes passaient encore à la lecture, sans problème. Je n’insistai pas sur les autres, j’avais encore besoin de mon poste et ne voulais pas le polluer.

Parmi tous ces albums figurait un 4 titres de Messnawa, le groupe Marocain des années 80 et 90. J’ai eu beau fouiller le net, je n’ai retrouvé ni la pochette de la cassette, ni le morceau. Les titres étaient inscrits en arabe sur la cassette pour une fois, “La3tnedeach” est celui que je vous propose. J’ai choisi un extrait de cette cassette car celle-ci était vraiment originale par rapport au reste du répertoire du groupe qui l’est moins, même s’il reste de qualité.

Voilà pour aujourd’hui. Ah, et méfiez-vous des bidons d’huile dans les coffres de bagnole.

Sinya

Thierry Robin et Hameed Khan – 1ère k7 (extrait)

Titi Robin et Hameed Khan - k7

Ce soir, je vous propose un extrait de la première k7 enregistrée par Thierry Robin, accompagné de son compère Hameed Khan aux tablas. Il s’agit d’une k7 artisanale et je dois dire que j’ai mis un moment avant de mettre la main dessus. J’avais fini par croire que ces enregistrements également sortis sur cd et dont on peut voir la pochette sur le site de l’artiste, n’existaient pas.

Vous m’excuserez pour la qualité du son, au début j’ai essayé de filtrer le souffle de mon magnéto mais j’ai finalement renoncé car ça dénaturait trop le reste des instruments. Vous avez donc droit ici à la version k7 numérisée, sans effets ou quoi que ce soit, comme si le radio-cassette faisait encore partie des meubles de votre salon.

Je vous propose le titre L’exil qu’on retrouve aussi sur le live Payo Michto, car je trouve que c’est un morceau qui résume vraiment bien le style de Titi sur sa première quinzaine d’années d’enregistrements, soit jusqu’à l’album Ciel de cuivre (mon préféré). Comme quoi, dès le premier titre, l’essentiel de ce qui allait suivre était déjà quasi contenu: douceur, nostalgie, vent, pluie et soleil…

Notre cher artiste sort son prochain disque le 21 avril 2015 avec Mehdi Nassouli au guembri 🙂

Retour aux années 80 en attendant, je vous souhaite une bonne écoute,

Sinya

Grèce – la tradition du Rébétiko – chansons des fumeries et des prisons (extrait)

Grèce - la tradition du Rébétiko

Ce soir, on écoute un magnifique extrait du vinyle sorti chez Ocora en 1984 intitulé “La tradition du Rébétiko – chansons des fumeries et des prisons”, non réédité sur cd à ce jour. Le titre que je vous propose s’intitule “la chasse au narghilé”:

“Ils en veulent à notre narghilé car ce sont les mangas (marginaux) qui l’utilisent.

Pourtant les aristos fument aussi en cachette, ils ont de petites copines, de véritables harems.

Ils s’amusent comme des aghas (seigneurs) (…)”

J’espère que vous serez séduits par ce blues méditerranéen, bonne écoute.

Sinya